mardi 16 mai 2023

La pluie, les semis, l'herbe qui pousse et tout fleurit de tout côté. Sous chaque motte de terre la vie. Des carabes colorés, des vers de terre, des mulots et taupes. Plus bas, dans le jardin, une belle couleuvre file. Par contre mes vipères ne se sont toujours pas montrées alors que les lézards verts pointent au moindre soleil. Dans les prés le bleu s'installe, avec les sauges, comme une demande au ciel d'en faire autant... Le Jardin des savoirs et d'Histoires est en plein réveil. Mais les repousses de ronces s'en donnent à coeur joie. Les menthes ont élargi leur territoire, heureusement que je m'étais méfié. Mais il me va falloir en donner à qui en veut, des sept variétés installées. Hier, un merle a chanté, dans le frêne, à trois mètres de moi. Un vrai régal!!! Tandis qu'un pic, dans le bois au-dessus rythmait. Comment ne pas laisser le temps passer, les mains dans la terre ou simplement assis à se laisser embaumer par la vie autour de soi...

mercredi 26 avril 2023

Le printemps s'installe bellement, entre les muscaris qui teintent de bleu éclatant les prés, les lilas aux premières fleurs épanouies, les jaunes des genêts et des pissenlits, les chants d'oiseaux qui n'en peuvent mais de chercher de quoi tapisser leurs nids jusqu'à en être peu farouches tant ils sont dans le besoin... Et puis, les papillons! La surprise du jour est la venue, précoce, du flambé. Lié, entre autres, au fenouil, je l'ai suivi des yeux un long moment, allant de touffes en touffes de fenouils sauvages. D'ici quelques semaines je pourrai admirer sa splendide chenille... Jour de cueillette aussi. De primevères. Le coucou. Après un rapide séchage je les mettrai dans l'huile, d'olive bien sûr, afin de préparer une huile soignant les contusions, les inflammations, les rhumatismes (voir Le Livre des Bonnes Herbes de Pierre Lieutaghi). Quant au muscari...je vous raconterai son histoire la prochaine fois!!!

dimanche 23 avril 2023

Les pluies de printemps sont bienvenues! Pour la terre, oui, pour nous aussi bien sûr. Se laisser rafraîchir par une pluie douce entre deux apparitions de soleil... Mais si cette pluie pouvait laver les humeurs noires de celles et ceux qui oublient le bonheur de vivre pour ne penser qu'au profit. Profit sur le dos des autres bien entendu. Et quand je dis ''les Autres'' je pense aussi à ces vivants qui peuplent la terre, les ''Non Humains''. Comme bien souvent j'ai procédé, ces jours, à un nettoyage de printemps. Le grenier, où sèchent les plantes est reluisant et prêt à accueillir les récoltes à venir, les huiles sont filtrées, des onguents sont à 'abri dans des cartons. La poubelle des irréductibles se remplit de...plastiques. Je me rends compte que même en étant attentif j'en accumule. Des déchets de bâches qui se dégradent, des emballages inutiles, des restes de plastique agricole que le vent apporte de chez le voisin au loin. Je tente de remplacer le plus possible par le verre, le bois (même si je peste en ayant brisé le verre mesureur...en verre) mais j'en ai encore de trop. Et, pour insister, j'apprends que Total, ''notre compagnie nazionale''s'associe avec une compagnie géante saoudienne afin de créér le plus gigantesque complexe au monde de fabrication de ...plastiques. Déjà que les océans en regorgent, que les oiseaux et autres animaux en meurent, que nous en mangeons chaque jour sans nous en apercevoir! Au cas où vos envies de lectures vous porteraient auprès du poêle plongez vous dans le dernier livre de l'ethno botaniste Pierre Lieutaghi. Homme de grand savoir et partageux. Le titre de l'ouvrage est: Montée des eaux (Actes sud). Le regard posé sur notre monde au travers d'une histoire de montée brutale des eaux fait réfléchir à notre place dans le vivant, au regard que nous portons sur les autres, nos comportements et comment nous organiser collectivement pou le bien de toutes et tous. Avec ''Des Rêves à tenir'' de Nicolas Deleau vous avez de belles heures devant vous! à bientôt!

jeudi 18 août 2022

Une belle journée!

Alors que les pluies se faisaient languir, dans le massif alpin comme ailleurs, je suis allé, un petit matin, me dégourdir les pattes en montagne. Voilà longtemps que je n'avais pas pris ce temps-là et il m'était devenu urgent et indispensable de renouer avec le minéral, le végétal etl'animal dans ces bouts de vallée où j'avais peu de chance de croiser un humain ni d'être dérangé par une sonnerie de téléphone. Je suis donc parti, à la fraîche. Léger, comme d'habitude. Sans eau, j'entrouverai dans les ruisseaux cachés, une banane, quelques carrés de chocolat et une poignée de noix. Avec ce que je grignoterai en route, de fruits sauvages j'étais parti pour la journée. Je n'ai pas fait un kilomètre, sur la piste forestière, que je le ai entendus. Voix et cliquetis de bâtons sur les pierres. Une bonne vingtaine de randonneurs partant pour un quelconque col. J'ai eu du mal à les doubler. et les entrechats parfois foecés, parsemés de bonjour et bonne balade, que j'ai du réaliser m'ont valu les moqueries fines de certains. -Oh il est pressé celui-là! - Eh, il a pas mis son clignotant! De quoi vous faire aimer les groupes! De toutes façons je savais que je n'allais pas les trouver dans le même secteur que celui où j'allais me perdre joyeusement! Quand j'ai traversé le lit de la rivière j'étais déjà embaumé par les bruits du petit monde qui vivait sa vie, là. Insectes, oiseaux traversant les feuillages bruissants, coulis d'air...Le sous-bois se fait peu à peu dense. Le chemin qui fut à une époque bien fréquenté a subi les ravages du torrent et si je ne savais pas où j'allais jel'aurai vite perdu. Un passage d'animal (non humain) dans les verges d'or, le chant d'une tourterelle, une fourmillière d'un bon mètre de haut, grouillante de d'habitants qui vaquent à leurs occupations, je me sais bien accompagné. Quand je débouche, au bout d'une longue montée à bien 30% de pente la halte me repose de mes efforts: devant moi un fayard a pris ses aises, une belle tige droite s'élance vers les airs tandis que sa voisine a choisi de s'étirer langoureusement avant d'en faire autant! Un véritable banc, rond et doux. un mètre devant c'est le ravin. trente à cinquante mètres de vide, brutal et à ne pas mettre les pieds au bord, friable, à peine retenu par les racines des arbres et des myrtilles. Mais en face s'ouvre le début du paradis que je comptais visiter. L'émerveillement. Le flap flap des ailes d'un oiseau -assez gros- que je ne verrai pas, l'aboiement d'un renard...Les taches de verts clignent sous le soleil. Celles des pins, des fayards et des sorbiers qui peuplent ce fond de vallon, toutes différentes, toutes clins d'oeil joueurs pour qui sait les voir rire dans le jaune sec des pelouses d'altitude, le blanc rageur du calcaire au soleil et le bleu cru du ciel. Je repense à ces randonneurs...Que verront-ils, qu'entendront-ils? Ce soir ils seront contents, ils auront ''fait'' un col, deux ou trois peut-être et rentreront chez eux, la besace à merveilles désespérément vide... L'eau fraîche du torrent me réjouit les papilles, claire et douce au palais, j'en profite pour m'en asperger la peau. Ces lampées sont un régal. Le débit est maigre, la cascade enfouie dans les en-bas doit être fine, je ne l'entends même pas. Je débouche, un long moment après avoir quitté les abris feuillés, sur un petit serre aux pentes de lapiaz. Un étrange mélange de fougères du diable, de gentianes jaunes desséchées et de vérâtres, d'asphodèles en tiges brunies déjà et de cistres odorants m'a attiré là. J'aime arriver à cet endroit, si varié que, chaque fois, je me pose. En plus, cadeau du moment, des groseilles sauvages et des amélanches! Une véritable dégustation montagnarde...Pour les sorbes il me faudra revenir à l'automne. La crête est un envers de sabot de cheval. Me voilà avec, devant moi, les pentes rudes au seul accès possible aux humains, un cirque bout du monde dressé au ciel où voltigent et crient les grands corbeaux. Je sais que je suis dans le pays où habitent les loups et je sais aussi que je n'en verrai probablement pas. Surtout à dix heures du matin. Mais rien que de savoir que je traverse un peu de leur chez eux me fait frémir d'aise. Au pied des barres je n'irai pas plus avant. Et je m'accorde un autre arrêt, adossé à un pin, beaucoup plus long celui-là. histoire de me laisser disparaître dans le paysage. Seulement être là, au milieu du tout. Ne pas bouger, me laisser porter, odeurs et couleurs, bruits mystérieux. Qui a faitrouler la pierre derrière moi? Je ne me retournerai pas, je suis une ombre collée au tronc... ...Beaucoup plus tard, j'entendrai les sonnailles. Le troupeau de brebis chôme, dans le sous-bois, plus bas. Déjà tout est grillé. Le berger doit se faire du souci. Un des patous a eu un doute et lancé deux aboiements mais je suis fondu dans le paysage de l'autre versant du sabot, déjà dans la descente. La dernière halte sera pour me plonger une dernière fois dans le filet d'eau qui sourd sous les dalles. Vraiment une belle journée!

lundi 21 mars 2022

         En cette nouvelle année 2022 je reprends le fil de la plume...pour des nouvelles de l'aventure Maison du Légendaire Végétal. 

Le Jardin des Savoirs et d'Histoires a bien passé les frimas hivernaux, les premières fleurs, violettes, primevères éclairent le sol et l'abricotier se lance lui aussi en floraison blanche!

        


A ramasser de ci de là des pierres, plates, carrées ou biscornues les murets se mettent en place. Comme de futures places assises pour les visiteurs mais aussi et surtout des refuges, des abris pour toute une faune discrète d'habitants des lieux. Je pense aux archéologues des temps futurs qui trouveront du basalte, du granit, des dalles provenant des causses en compagnie des pierres d'ici, mélange hétéroclite et joyeux de couleurs....

        

mardi 6 juillet 2021

             Sous quelques gouttes bienvenues pour entretenir la jungle du jardin dans la chaleur de ce début d'été les chardonnerets vont et viennent sous la fenêtre, logés qu'ils sont dans la vigne. Les aller retour dans le froissement des feuilles croisent le chemin ailé des abeilles et des vrombisseurs de tous ordres. Quelques papillons, des piérides et d'autres inconnus de moi volètent, ziguezaguent, se posant parfois tandis que je coupe un peu d'herbe autour du Jardin des Savoirs et d'Histoires.

    Les sauges sclarées exhalent leur parfum, encore plus soutenu sous les gouttes tandis que les fenouils commencent de dominer la scène en se balançant amoureusement. Les hirondelles ont gagné de la hauteur, la pluie s'éloigne même si, plus au nord, l'orage gronde.

        


Être accroupi dans les herbes me donne un sentiment de présence encore plus forte au sein de cette communauté végétale et animale. Je tourne autour des orpins, deux punaises tendrement enlacées vivent leur vie tandis que ma pensée revient vers cette vipère péliade croisée alors que je photographiais des chèvrefeuilles. Elle était magnifique dans sa robe grise tachetée de noir. Je l'ai laissée sans bousculer les pierres. Elle était chez elle. 

            Cette nuit les chevreuils ont aboyé dans la combe. Dérangés ? Je ne le saurai pas. Au matin, quand je suis sorti, sur le coup des sept heurs, tout était calme. La vie se vit de partout autour de moi, éléphant dans un magasin de porcelaine pour beaucoup, nain pour d'autres...Être là et goûter...

Arca de seda -arc en ciel

Arca de seda -arc en ciel
les légendes des plantes